La DGAL, garante de la sécurité sanitaire des aliments en France

07-12-2015
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Loïc Evain, directeur général adjoint de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), a répondu aux questions de Franceagroalimentaire sur les points forts du dispositif français en termes de sécurité sanitaire des aliments, représentant un véritable atout pour l’export.

 Technician woman In the laboratory tests the food quality

Qu’est-ce que la DGAL ?

Loïc Evain : La DGAL est une administration centrale du Ministère français de l’Agriculture de l’agroalimentaire et de la forêt dans laquelle travaillent environ 220 personnes. La DGAL et les services de l’Etat en région (DRAAF) et en département (DDPP) sont chargés de veiller à la santé des animaux et des plantes ainsi qu’à la sécurité et à la qualité des aliments qui en sont issus. Ils suivent notamment l’élaboration et la mise en œuvre de la réglementation applicable aux professionnels du secteur agricole et alimentaire dans ce même domaine : sécurité sanitaire. Ces administrations interviennent à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, contrôlent les produits importés et assurent la certification officielle des produits exportés.

Quels sont les points forts du dispositif de sécurité sanitaire alimentaire français ?

 

L.E. : Parmi les principes fondamentaux, je citerais avant tout une chaîne de commandement unique. Les directions départementales chargées de la protection des populations et les directions régionales de l’agriculture de l’alimentation et de la forêt, répercutent les directives de l’administration centrale de manière unifiée. Cette chaîne de commandement est un facteur de grande efficacité car un ordre donné à Paris est appliqué de la même façon à Belfort et à Brest. Les contrôles sont ainsi exercés de la même façon partout sur le territoire. Cette organisation constitue un gage d’harmonisation pour les professionnels et de sécurité pour les consommateurs.

Notre second point fort est le haut niveau d’expertise de nos agents qui sont formés dans les écoles d’application du ministère de l’agriculture. Il s’agit de l’ENSV pour les vétérinaires, de l’ENGREF pour les ingénieurs et de l’INFOMA pour les techniciens supérieurs.

Concernant l’export, les garanties de sécurité sanitaire sont-elles les mêmes que sur le territoire français ?

L.E. : Les produits qui sont exportés sont au moins aussi sûrs que les produits qui sont commercialisés sur le territoire national ou sur le marché européen. Pour les pays tiers, nous nous devons de répondre aux conditions supplémentaires et spécifiques qu’ils exigent parfois.

Comment est considérée la sécurité sanitaire française dans le monde ?

L.E. : Nous avons pour habitude de dire que l’alimentation et l’agriculture européenne répondent aux normes de sécurité sanitaire les plus élevées au monde. On peut le démontrer en regardant notre statut sanitaire et phytosanitaire qui est plutôt très bon en France et en Europe, et cela vaut pour les maladies transmises à l’homme par l’alimentation, comme pour les maladies des animaux ou encore celles des plantes.

Les crises sanitaires sont-elles un vecteur de remise en question, d’évolution du système ?

L.E. : Très clairement oui. Le meilleur exemple, c’est la crise de la vache folle (ESB). Elle a permis de franchir des caps considérables dans le niveau d’exigence sanitaire en Europe. C’est de la crise de la vache folle que sont nées les agences de sécurité sanitaire dans la plupart des états membres de l’Union Européenne. L’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui se trouve à Parme est née de cette crise. L’AFSSAa (l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, devenue depuis l’ANSES) a été créée en 1999 et la France a été précurseur pour la création d’agences dans des états membres de l’UE et au niveau européen avec la « General food law » de 2002. En créant ces agences, on a séparé tout ce qui concerne l’évaluation scientifique des risques sanitaires et la décision sur les mesures de gestion, de protection, etc. La crise de l’ESB a permis de mettre en place la traçabilité, mot qui n’était quasiment pas employé avant les années 90. Il appartient aujourd’hui au langage commun et bien au-delà du secteur agroalimentaire.

Il y a eu également la crise de la dioxine en 1999, qui avec celle de l’ESB, a conduit l’UE à réglementer comme jamais l’alimentation animale. Aujourd’hui celle-ci est très contrôlée concernant la contamination microbiologique, chimique, l’origine des produits. Nous avons au bilan fait des progrès considérables.

En quoi est-ce un atout d’exporter avec le label « sécurité sanitaire française » ?

L.E. : Lorsque cela est exigé par les pays importateurs, les produits exportés sont accompagnés d’une certification sanitaire ou phytosanitaire sous la forme d’un document officiel issu d’une autorité habilitée de l’État. La traçabilité est un atout considérable aussi pour les importateurs de produits français car s’il y a un problème à l’arrivée, il est possible de remonter très vite à la source. Les rejets pour non-conformité de produits français à l’arrivée dans les ports du monde entier sont très rares. La démarche de sécurité sanitaire française, perçue comme exemplaire et de grande qualité, constitue un réel atout pour les démarches commerciales. La promotion du « Made in France » passe par la sécurité sanitaire mais aussi par la valeur gustative et qualitative de l’offre alimentaire.

Comment fait-on connaître la marque « sécurité sanitaire française » à l’international ?

L.E. : Les professionnels et les institutionnels communiquent sur la sécurité sanitaire. Nous rencontrons et même recevons en France régulièrement nos collègues des pays tiers vers lesquels on exporte. Pour être autorisés à exporter vers ces pays, nous accueillons leurs missions d’inspection qui se rendent sur le terrain, dans les entreprises, les abattoirs, les laboratoires… ; ces missions permettent de construire la confiance. En 2014, la DGAL a accueilli une trentaine de délégations étrangères sur différents secteurs.

Nous contribuons aussi à faire connaître nos méthodes, nos systèmes et nos organisations via nos écoles. A titre d’exemple, l’ENSV qui forme les vétérinaires officiels, a mis en place depuis deux ans un programme de « Summer school ». Il s’agit de cours en anglais proposés l’été et ouverts à des fonctionnaires homologues de pays étrangers. Ces échanges sont l’occasion de faire connaître notre système sanitaire, de le promouvoir. En 2015, une vingtaine de pays ont participé à cette initiative. Un grand succès.

La DGAL en chiffres en 2014 :

  • Près de 4800 agents
  • 14 000 vétérinaires sanitaires habilités par l’Etat
  • 30 laboratoires nationaux
  • 30 000 contrôles en élevage
  • 80 000 inspections d’établissements de la chaine alimentaire
  • 90 000 lots inspectés à l’importation