L’algue française trouve de nouvelles parts de marché à l’étranger

05-07-2016
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L’algue alimentaire est considérée comme de la nouvelle nourriture comestible et attire des consommateurs toujours plus nombreux.

La production d’algues dans le monde s’élève à 14 millions de tonnes à l’année, avec une prédominance pour l’alimentaire (75%). En France, la production annuelle s’évalue à 90 000 tonnes, et 75% des algues françaises sont utilisés pour l’agro-alimentaire et la chimie (cosmétique), selon le Centre d’étude et de valorisation des algues (CEVA). Depuis quelques années, les macro-algues sont exploitées, consommées en France et même vendues à l’export.

Les algues comestibles sont habituellement classées par leur couleur : vertes, brunes et rouges. Les plus courantes dans le commerce sont la laitue de mer, les cheveux de mer, la dulse (rhodyménie palmé ou petit goémon), la mousse d’Irlande (ou carragheen, dont on tire la carragénine), le haricot ou spaghetti de mer, la nori (ou porphyre, utilisée pour les sushis), le wakame, l’hijiki, le varech et les laminaires. Des exigences sanitaires imposent le contrôle des teneurs en bactéries et métaux lourds avant la commercialisation. Au sein de l’Union Européenne, seules la France et la Belgique imposent une réglementation sanitaire pour les algues alimentaires.

Crédits: Globe Export

Globe export, l’algue bretonne comme argument de vente

Créée il y a 30 ans à Rosporden dans le sud Finistère, la société Globe Export, d’abord spécialisée en gestion à l’exportation puis en négoce de produits à base d’algues, se spécialise dans les années 90 uniquement dans la production et distribution d’algues alimentaires et de produits à base d’algues. Aujourd’hui, l’entreprise compte trois activités avec la transformation des algues, à Concarneau, un atelier de pâtes aux algues puis un atelier de « cuisine créative » plus connu sous le nom de « cuisine moléculaire » à Rosporden. L’entreprise, depuis le début de son activité en 1986, possède dans son ADN cette volonté de vendre à l’international. « On exportait en Europe au tout début. Ensuite, on a développé l’alimentation humaine, et on a jamais perdu cette fibre à l’export qui représente aujourd’hui 30% de notre chiffre d’affaires. », explique Antoine Ravenel, responsable R&D de la société. Aujourd’hui, Globe exporte continue d’envoyer des commandes en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, en Afrique et un peu en Asie, les leaders historiques de ce marché.

Ce qui séduit les clients étrangers c’est l’offre proposée par l’entreprise et la qualité française. « La Bretagne est un champ marin exceptionnel que même nos concurrents asiatiques nous envient. Nous mettons en avant le « made in France » quand on exporte », poursuit Antoine Ravenel. Témoin de la qualité de ces produits, les algues sont récoltées sur le littoral breton, par des goémoniers locaux. Elles sont lavées et travaillées sur place pour en faire des tartares, salades, algues fraîches salées et séchées. « C’est 100% naturel et on garde quasiment toutes les valeurs nutritionnelles du produit. De plus, nos algues n’ont pas de présence de métaux lourds comme on peut en trouver sur d’autres marchés. ». En effet,  la réglementation française et européenne sur l’agroalimentaire fait que nous avons des algues mieux contrôlées. Une différence majeure à l’export.

 

L’autre point fort de Globe export, c’est l’innovation. Depuis 2008, l’entreprise s’est convertie à l’activité moléculaire et la cuisine créative pour transformer les algues et ainsi proposer de nouveaux produits. « On essaye d’adapter nos produits au palais de ceux qui n’ont jamais goûté d’algues. », explique Antoine Ravenel. La société propose trois types de produits : le produit brut, pour le restaurateur ou le consommateur qui connaît les algues. Puis, des produits semi-transformés où l’on sent fortement l’algue, mais qui sont cuisinés. Par exemple, des tartares citron-échalotes aux algues, des tartares quatre cornichons aux algues. Enfin, la troisième possibilité, ce sont des produits beaucoup plus transformés. « On  va créer un univers sur le produit. C’est le cas du tartare du monde qui est très cuisiné. Ce sont avant tout des produits de découverte. ». Tout comme le tartare New Delhi avec du curry de Madras, des raisins et du haricot de mer pour l’algue. Ce sont toutes ces innovations qui font connaître la marque, notamment lors des grands salons internationaux, comme le SIAL. Avec une croissance à deux chiffres depuis trois ans, et une éternelle envie de s’adapter à ses consommateurs, Globe export va continuer à valoriser cette jeune filière à l’étranger.