Vins bio : l’Hexagone 3ème sur le podium des producteurs mondiaux

27-03-2017
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L’agriculture biologique n’a plus rien d’une nouveauté, et bien évidemment la viticulture n’allait pas échapper à ce changement de consommation et de production, observable depuis plusieurs années maintenant. Focus sur les principales questions à se poser sur les vins bio français.

Qu’est-ce qui définit un vin bio ?

Depuis 2012, un vin issu de l’agriculture biologique se doit de répondre à un cahier des charges officiel européen. Ce document définit l’ensemble du processus qui comprend viticulture et vinification. Pour être certifié AB (label Agriculture Biologique) il est proscrit d’avoir recours aux produits de traitement, aux fertilisants chimique et OGM, a contrario les engrais naturels et organiques et l’enherbement sont utilisés et permettent de protéger les sols contre l’érosion. Dans l’élaboration du vin chaque partie de la grappe joue un rôle, par conséquent le respect de la vigne de ses racines à son fruit est essentiel.

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On ne devient pas un viticulteur bio du jour au lendemain, il faut 3 ans pour obtenir sa certification, le temps de l’obtention le vignoble sera considéré comme en conversion. Malgré les règles rigoureuses, les vignobles français sont de plus en plus nombreux à se convertir au bio. On peut noter que la réforme de la Pac datée de 1992, qui accorde des aides à la conversion a été, et est toujours, un facteur important pour les vignerons qui souhaitent passer au bio. Par ailleurs le marché français est actuellement en plein essor.

Une viticulture biologique qui ne cesse de progresser …

La France reconnue à travers le monde pour son vin (premier producteur mondial avec plus de 90 000 exploitations viticoles) n’est pas en reste concernant la viticulture biologique. L’hexagone arrive 3ème sur le podium des producteurs mondiaux de vins bio, derrière l’Espagne et l’Italie.

Et notre cher pays pourrait bien continuer de progresser sur le podium. Avec actuellement 8,7% de vignobles français consacrés au secteur du vin biologique (67 931 hectares), le nombre d’exploitation bio a augmenté de 4,6 fois en 15 ans. Aujourd’hui, selon l’agence bio, la viticulture biologique c’est 670 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 24% de volume de vente à l’export (représentant 46% des volumes des régions exportés). D’après l’IRI (études de panels) la catégorie des vins tranquilles estampillés AB enregistre une hausse en 2016 soit 18,7 millions de litres vendus (+ 13,4 %). Selon le même institut les appellations tirent le marché avec près de 60% (+ 14,9%) et les IGP de cépages elles représentent 4 millions de litre (+ 20,9%).

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Il faut dire que la France s’est intéressée assez tôt à l’agriculture biologique et fait figure de bonne élève. Dès 1962, elle créée l’Afab (Association française pour l’agriculture biologique). La filière du vin est celle qui s’est tournée le plus rapidement vers le secteur bio, faisant naître au début des années 80 les premiers décrets et lois pour créer des cahiers de charges à l’intention des vignerons voulant tenter le pari.

Au-delà du bio, il existe une démarche encore plus approfondie, la viticulture biodynamique. Son but ? Réhabiliter, dynamiser et intensifier la vie organique et créer un milieu où s’épanouit la vigne. En respectant les cycles lunaires mais aussi en réalisant les tâches liées à la viticulture sans mécanisation, on notera la réapparition du cheval de trait, le viticulteur garantit une vigne respectueuse de l’environnement, du sol et des consommateurs. Pour reconnaître les produits biodynamiques le consommateur peut se fier à deux labels : Demeter et Biodyvin.

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… et de s’exporter

Les vins bio ne cessent d’être reconnus pour leur qualité et ont même à plusieurs reprises décrocher les premières places des concours. Répondant de plus en plus aux attentes de la société en quête de consommation plus éco responsable, les produits issus de l’agriculture biologique séduisent de plus en plus y compris sur les marchés internationaux. En 2015, les exportations de produits d’origine France ont progressé de 27%. Les vins bio sont particulièrement concernés par cet essor : ils ont enregistré une croissance à l’exportation de 26%.