Etats-Unis et Chine, des marchés phares pour la charcuterie française

08-08-2016 Le jambon de Bayonne, emblème de la gastronomie française
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Si la France est l’un des principaux pays consommateur de charcuterie au monde, elle est aussi un pays qui exporte ses produits.

La production de charcuteries-salaisons s’est élevée à 1 million de tonnes (+0,8%) en 2015 et a atteint un chiffre d’affaires de 5,8 milliards d’euros (+0,5%), selon la Fédération française des industriels charcutiers traiteurs (Fict). Les exportations françaises ont progressé de 4,3% en valeur grâce au dynamisme des charcuteries à base de volaille, de bœuf et autres espèces, selon la Fict. Les principaux clients de la France en 2015 sont la Belgique (152 millions d’euros), le Royaume-Uni (103 millions), l’Espagne (87 millions) et l’Allemagne (85 millions).

Le récent engouement des importateurs étrangers pour la charcuterie française n’est pas un hasard. Depuis plus de dix ans, les différents acteurs de la filière s’activent pour faire connaître les produits de l’hexagone à travers le monde et plus particulièrement aux Etats-Unis et en Chine. Ces deux marchés représentent un potentiel d’achat énorme. En Chine, les charcuteries françaises ont fait leur entrée en mars 2014 avec quatre entreprises ayant obtenu l’agrément officiel pour exporter. Une grande première pour le secteur. Le potentiel pour le secteur français est immense. La population des cadres à qui pourrait s’adresser la charcuterie française représente 170 millions de personnes en Chine selon la Fict. La fédération fonde également de nombreux espoirs sur les États-Unis. La société bretonne Hénaff a été la première société française à obtenir le précieux agrément sanitaire pour exporter en 2008. Depuis un an, elle n’est plus la seule.

Le jambon de Bayonne veut grandir aux États-Unis

Spécificité du bassin de l’Adour, le jambon de Bayonne (Indication géographique protégée – IGP) est le jambon cru le plus connu en France, et pour cause, il représente aujourd’hui 20 % de la production française. Son goût caractéristique est très délicat et subtil en bouche.

Carte de la France avec la zone IGP Jambon de Bayonne

La zone d’IGP Jambon de Bayonne

Crédits : Jambon de Bayonne

On l’associe souvent aux repas d’été et à la convivialité. Il y a quelques jours, il a été la star des fêtes de Bayonne et obtient son lot de succès à chaque édition de ce rendez-vous incontournable pour les commerciaux et exportateurs de produits locaux. « C’est pour nous une occasion inespérée de présenter notre produit, de le partager et tout cela dans une ambiance conviviale. Nos partenaires commerciaux se souviennent de cette expérience en blanc et rouge. Ils dansent et chantent jusqu’au bout de la nuit », témoigne Pierre-Emmanuel Brotelande, responsable de la communication et de l’export pour le Consortium du Jambon de Bayonne. Cette année, une délégation américaine composée de six personnes s’est déplacée pour vivre les fêtes, signe de l’importance de ce marché pour la filière. Il y avait notamment parmi eux le responsable de la grande brasserie de Manhattan « Le District », fameux étendard de la culture française à New-York.

fetes de bayonne

Fêtes de Bayonne

Crédits : Fêtes de Bayonne

L’adaptation aux normes étrangères

Si le Consortium du jambon de Bayonne peut se réjouir d’avoir réussi à commercialiser ses premières tranches de jambon en juillet 2015, il peut aussi se féliciter d’avoir réussi à obtenir ce que peu de producteurs français arrivent à avoir : l’agrément américain. « Nous avons commencé cette démarche en 2010 et organisé les premières formations en 2011, puis 2013 et 2014. Avec 30 à 40 participants, des responsables qualités des entreprises, des consultants américains et les services vétérinaires français pour les former à la réglementation des États-Unis.

Jambon-de-bayonne

Crédits : Jambon de Bayonne

On a aussi réalisé des pré-audit US avec la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation) et Franceagrimer dans une dizaine d’établissements de production de jambon de Bayonne. Toute la filière était concernée depuis l’abattage jusqu’à la transformation. », précise Pierre-Emmanuel Brotelande. Voilà donc les efforts qu’il faut consentir à faire pour imposer une IGP sur le marché américain. Un an plus tôt, le Jambon de Bayonne avait obtenu l’agrément pour l’export en Chine. Les perspectives commerciales pour l’export du produit sont excellentes, il ne reste plus qu’à concrétiser.

 

Le Jambon de Bayonne symbole de la qualité française

L’évolution de l’image et des ventes du jambon de Bayonne a été positive, depuis l’obtention de l’IGP en 1998, jusqu’au lancement des premières exportations en 2011, et aujourd’hui l’ouverture aux deux immenses marchés que sont la Chine et les États-Unis. Mais le chemin reste encore long. Aujourd’hui, 10 % des jambons salés avec du sel de Salies-de-Béarn, qui vient lui aussi d’obtenir une IGP, sont vendus à l’étranger. L’objectif est de passer à 15 %, à court terme, puis 20 à 25% sur le moyen terme. Pour cela, le Consortium continuera de s’appuyer sur ses premiers partenaires à l’export.

Actuellement, l’essentiel des exportations (85 à 90%) concerne le marché européen avec les deux pays les plus demandeurs que sont la Belgique et l’Allemagne, mais les marchés tiers sont amenés à prendre de l’importance. « Aux États-Unis nous connaissons un démarrage fulgurant, et il n’est pas impossible que dans deux trois ans ce soit l’un de nos marchés phare », précise Pierre-Emmanuel Brotelande. Cette réussite passe aussi par l’image positive que les produits français renvoient à l’étranger. « L’origine France est un gage de sécurité sanitaire et de plaisir gustatif très important sur lequel on a tout intérêt à capitaliser. On n’en a pas forcément la mesure, mais on bénéficie d’un capital sympathie très important dans le monde. L’origine France fait rêver et évoque beaucoup de choses, dont notamment le plaisir, la convivialité, la qualité, le goût, etc. Il y a une belle carte à jouer. », conclut le directeur de la communication du Consortium du jambon de Bayonne.

Le savoir-faire français dans la filière de la charcuterie française a encore de beaux jours devant lui. L’adaptation aux normes des pays et la mise en valeur du patrimoine sont des clés indéniables du succès. L’innovation aussi. Pensez qu’en Corée du Sud, on mange le jambon de Bayonne avec du riz enroulé, et des baguettes !

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Le jambon de Bayonne, emblème de la gastronomie française

Pour plus d’informations :

La Maison du Jambon de Bayonne