Vins capsulés : plébiscités pour l’export

22-09-2015 vins capsules à vis
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Difficile d’écarter 2000 ans d’histoire. C’est de cette époque que date la dernière amphore avec bouchon de liège retrouvée sur le territoire français, signe évident de la conservation des denrées et notamment du vin par ce biais.

Pourtant, il n’est plus seul le bouchon de liège aujourd’hui et il doit faire avec l’arrivée d’un nouvel élément tout aussi performant : la capsule à vis en aluminium.

 

vins capsules a vis

Voilà maintenant plus de vingt ans que le monde a découvert cette nouvelle façon d’embouteiller le vin, et seulement quelques années que la France commence à exporter ses bouteilles. La capsule à vis a mis longtemps à s’imposer sur le secteur commercial et la culture française, habituée à son traditionnel bouchon, ainsi qu’au merveilleux son qui l’accompagne a éprouvé des difficultés à tenter cette nouvelle aventure. Ploc ! Toutefois, suite aux nombreux progrès réalisés par cette innovation, nombreux sont les producteurs de vin français qui ont choisi de commercialiser leurs bouteilles autrement. Avec un certain succès à l’export.

Ils sont déjà des centaines à avoir tenté l’expérience et sont devenus des inconditionnels de la capsule. Thierry Delaunay fait partie de ceux-là. Ce vigneron de Touraine, propriétaire de 21 hectares de vigne utilise la capsule à vis en aluminium depuis dix ans. Un changement qui lui a permis d’exporter plus de bouteilles. « Aujourd’hui, le vin en capsule représente 80% de mon chiffre d’affaires à l’export », explique celui qui a fait ce pari alors que la filière viticole voyait d’un très mauvais œil l’arrivée de cette nouvelle technologie. Aujourd’hui, son Sauvignon blanc connaît un véritable succès sur le marché anglo-saxon, déjà habitué depuis de nombreuses années au bouchon vissé. Son carnet d’exportation s’étend dans 23 pays. La raison ? «  Les vins sont égaux, ont la même évolution et sont très pratiques en terme d’utilisation. Vous pouvez même coucher la bouteille dans votre frigo », argumente Thierry Delaunay dont la vente annuelle de ses blancs, rosés, rouges et crémants atteint les 130 000 bouteilles.

Le pari de l’embouteillage à vis semble se concrétiser pour les exportateurs français. Leur raison d’y croire ? L’Europe et les États-Unis en raffolent. En témoigne cette récente étude réalisée par IPSOS* auprès de 6 000 consommateurs habitants en Espagne, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne, France et États-Unis. On apprend notamment que face à deux bouteilles contenant le même vin, 39 % des personnes interrogées portent leur choix sur une bouteille avec bouchon en liège, mais 34 % optent pour le bouchon à vis en aluminium. Signe de l’évolution des mentalités. Les consommateurs allemands, britanniques et américains placent la capsule à vis en premier. Par ailleurs, 60% de ces personnes interrogées pensent que le bouchon à vis est plus pratique. Même chiffre pour dire qu’il est plus facile de le reboucher. D’où l’intérêt pour les viticulteurs d’exporter des bouteilles avec capsule à vis, et pourquoi pas, garder le liège pour l’hexagone.

*Etude commanditée par l’European Aluminium Foil

Florent Baumard l’a bien compris. Ce producteur de vins de Loire, basé à Rochefort sur Loire a fait le choix de passer l’intégralité de ses vins tranquilles sous capsule. Résultat : les ventes sont meilleures à l’export là aussi. Un choix assumé par le viticulteur. « C’est tout simplement le meilleur moyen de protéger le vin. C’est indiscutable », explique celui qui vend ses produits en Europe du Nord, aux Etats-Unis et au Canada. Des pays demandeurs en vin capsulé car non éduqués à la culture du tire-bouchon. Un geste encore très apprécié des Français qui doutent de la conservation du liquide avec une capsule en aluminium. Toutefois, les observations réalisées depuis une dizaine d’années montrent que la capsule à vis assure également un bon vieillissement des vins. Des domaines français établis et de grands domaines étrangers, comme les domaines Laroche à Chablis et Penfolds en Australie, n’hésitent d’ailleurs plus à utiliser des capsules à vis pour leurs grandes cuvées destinées à vieillir au moins 20 ans.

Dernière exemple de cette réussite matérialisée par la capsule à vis, il s’agit des instants d’Erlen. Cette marque française appartenant à TWW France s’est spécialisée dans le contenant de luxe, des échantillons de 10 cl de vin de grande qualité dans un tube en verre serti d’une capsule à vis en aluminium et sérigraphié avec le nom du château, pour des clients professionnels. Cadeau d’arrivée dans les grands hôtels, échantillon cadeau pour un client ou clubs privés, classe affaire dans les avions, Les instants d’Erlen privilégient une clientèle de luxe et les vins proposés vont avec : des plus grands domaines bordelais, avec notamment des Saint-Emilion grand cru, à d’autres vignobles français. «  Le vin français à l’export se vend bien et ce système est mieux accueilli à l’étranger car les cultures sont différentes. De plus, les conditions de reconditionnement nous permettent de garder le goût du vin ainsi que sa garde à température égale. » Explique Alexandre Arjona, le business manager des instants d’Erlen.

La capsule à vis en aluminium est donc vectrice de réussite à l’export, mais le bouchon de liège n’a pas dit son dernier mot.

Le vignoble français et le vin français

Technologie WIT

La société française, WIT (Wine in Tube), est basée à Bordeaux et existe depuis 2007. Son concept propose une nouvelle alternative de vente, sous un tout nouveau format, auprès des professionnels et des consommateurs. Il s’agit d’un échantillon sous forme de tube en verre (4, 5, 6 ou 10 cl) breveté et serti par une capsule à vis en aluminium. Ce process de conditionnement maîtrisé exclue tout apport d’oxygène. Il garantit un contrôle des propriétés protectrices du vin et l’absence de goût de bouchon ou déviation organoleptique. On peut retrouver dans ces petits tubes des vins haut de gamme comme l’atteste la présence de certains des plus grands noms du vignoble bordelais. Société 100% française, elle gagne de plus en plus de marchés à l’international.